Maquette, marque fictive : rien n’est vendu. Méthode et sources
Planche botanique ancienne (Köhler, n° 15) : rameau de tilleul avec fleurs à bractée, fruits et graines.

Herbier En vente libre

Tilleul

Tilia cordata Mill., Tilia platyphyllos Scop. (ou Tilia × vulgaris Heyne, et leurs mélanges) — Malvacées (Tiliacées dans la Pharmacopée française et le décret)

L'inflorescence du tilleul, classique européen : une infusion discrète, à peine sucrée, qui se laisse accompagner.

En vente libre

L'inflorescence (et l'aubier) figure au décret n° 2008-841 (vente hors pharmacie, en l'état) et à la Liste A de la Pharmacopée française ; la plante est donc en vente libre.[1][2]

La plante

Le tilleul de l'herbier est celui de la monographie européenne : Tilia cordata, Tilia platyphyllos ou leurs mélanges, dont on récolte l'inflorescence avec sa bractée. Aucun nom créole n'est attesté pour lui dans les sources consultées, et rien n'y documente sa culture en Guadeloupe ; il figure à l'herbier comme un classique venu d'ailleurs.

Le rapport d'évaluation européen décrit une odeur faiblement aromatique et une saveur à peine sucrée, mucilagineuse : une infusion de discrétion, qui s'accorde volontiers à d'autres plantes. La Pharmacopée française inscrit en Liste A l'aubier comme l'inflorescence ; seule la fleur est couverte par la monographie européenne.

Parties utilisées : inflorescence (fleurs avec bractée), aubier (inscrit à la Pharmacopée, hors monographie européenne).

En Guadeloupe : Aucun enregistrement de Tilia cordata ni de T. platyphyllos pour la Guadeloupe dans l'inventaire TAXREF de l'outre-mer du MNHN. Le tilleul est une plante venue d'ailleurs ; aucune culture guadeloupéenne n'est documentée.[3]

Arôme

sucré

odeur aromatique faible, saveur légèrement sucrée et mucilagineuse

Intensité 2 sur 5

Le rapport d'évaluation européen, qui cite la Pharmacopée européenne, décrit une odeur aromatique faible et une saveur légèrement sucrée et mucilagineuse. Il précise que les composants parfumés des fleurs se dégradent vite en forte humidité.[4]

Effets rapportés par la tradition

  • La monographie européenne reconnaît un usage traditionnel de la tisane de fleur de tilleul lors d'un rhume, à débuter aux premiers signes.[5]
  • Elle reconnaît aussi un usage traditionnel de la tisane pour la détente lors d'un stress léger.[5]

Ces usages sont rapportés tels que la tradition et les sources les décrivent. Ils ne sont ni des conseils ni des promesses, et ne remplacent pas l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien.

Sur la planche

Planche botanique ancienne (Köhler, n° 15) : rameau de tilleul avec fleurs à bractée, fruits et graines.

Touchez une partie pour la voir de près sur la planche.

inflorescence La partie que l’on utilise : inflorescence (fleurs avec bractée), aubier (inscrit à la Pharmacopée, hors monographie européenne).

bractée La partie que l’on utilise : inflorescence (fleurs avec bractée), aubier (inscrit à la Pharmacopée, hors monographie européenne).

feuille Figurée sur la planche ; ce n’est pas la partie utilisée.

fruit Figurée sur la planche ; ce n’est pas la partie utilisée.

graine Figurée sur la planche ; ce n’est pas la partie utilisée.

Comment l’utiliser

La monographie européenne décrit une infusion de fleurs fragmentées dans de l'eau bouillante ; elle ne précise pas la durée, et le glossaire de l'EMA retient par défaut 5 à 15 minutes. Ses quantités sont celles d'un médicament traditionnel : l'herbier ne les reprend pas comme conseil.[5][7]

Les sources lues ne chiffrent ni la température ni le temps. L’infuseur suit le repère de Lawozé pour les feuilles et fleurs, donné pour le goût sur la page Préparer.

Eau
95 °C
Temps
5 min
Dose
2 g pour 20 cl

Histoire et géographie

Tilia cordata et T. platyphyllos sont indigènes d'Europe selon Kew : la première de l'Europe à la Sibérie occidentale, la seconde de l'Europe centrale et méridionale à l'Iran. Aucune n'est indigène des Antilles.[9][10][4]

Carte : Europe tempérée, puis Baronnies provençales, puis Balkans et Chine. 1 2 3
  1. Europe tempérée

    Aire d'origine : l'arbre pousse à l'état spontané dans une grande partie de l'Europe, selon la liste de Kew et l'EMA.[9][10][4]

  2. années 1880

    Baronnies provençales

    La cueillette commerciale s'y développe vers 1880 ; selon l'inventaire du patrimoine immatériel, elle ne concerne que Tilia platyphyllos, et nulle autre région française n'en produit autant.[11]

  3. aujourd'hui

    Balkans et Chine

    Selon l'EMA, le tilleul du commerce vient surtout des Balkans (Bulgarie, Roumanie, ex-Yougoslavie), de Turquie et en partie de Chine ; l'importé est surtout Tilia cordata, et T. tomentosa.[4][11]

  • Selon l'EMA, les fleurs de tilleul s'utilisent en Europe depuis le Moyen Âge, et leurs infusions font une boisson agréable. Le même rapport mentionne aussi l'usage de la fleur dans des bains.[4]

  • Le rapport de l'EMA rapporte le mythe grec de Philyra, nymphe changée en tilleul après avoir supplié les dieux de ne pas la laisser parmi les mortels.[4]

  • Selon la fiche d'inventaire du patrimoine immatériel, le liber du tilleul, la « tille », sert de fibre textile dès le néolithique (cordes, vannerie) ; le mythe de Philémon et Baucis, changés en chêne et en tilleul, en témoigne aussi.[11]

  • Selon la même fiche, l'infusion de fleurs se répand en Europe à partir du XVIe siècle et surtout au XIXe ; après l'épidémie de choléra de 1832, elle entre dans la pharmacopée commune et est promue comme boisson « hygiénique ».[11]

  • Un hybride des deux espèces, le tilleul européen ou « tilleul de Hollande », a été multiplié en pépinière par les Hollandais aux XVIIe et XVIIIe siècles comme arbre d'ornement des parcs et jardins.[11]

  • Dans les Baronnies provençales, les tilleuls plantés au bord des routes dès les années 1840 fournissent la ressource : des négociants louent les arbres aux communes, puis les paysans cueillent. La production se concentre entre 1880 et 1940.[11]

  • Dans les Balkans, les feuilles de tilleul servent aussi à envelopper des farces de viande ou de riz, les « sarma », d'après l'enquête ethnobotanique de Dogan et ses collègues (2015).[8]

Ses noms

Retournez une carte pour découvrir d’où vient le nom.

Sources des noms[8][11][12][13][14]

Vrai ou faux ?

  1. Le tilleul des Baronnies, cueilli pour le commerce, est un tilleul à petites feuilles.

    Faux.

    La cueillette commerciale des Baronnies concerne exclusivement Tilia platyphyllos, à grandes feuilles ; le tilleul à petites feuilles (T. cordata) est surtout importé aujourd'hui.[11]

  2. Le tilleul des tisanes est un arbre originaire des Antilles.

    Faux.

    Les deux tilleuls de la Pharmacopée sont indigènes d'Europe ; l'EMA décrit un arbre natif de toute l'Europe jusqu'à 65° de latitude nord. Aucun enregistrement guadeloupéen n'a été trouvé.[9][4][3]

  3. Dans la tisane de tilleul, on infuse les fleurs avec leur bractée, non les feuilles.

    Vrai.

    La substance de la monographie est l'inflorescence entière séchée : les fleurs avec leur bractée. Les feuilles servent plutôt, dans les Balkans, à envelopper des farces.[4][8]

Accords

  • Thym associées dans une source Le projet de monographie européenne « Species pectorales » (novembre 2024) cite la fleur de tilleul et le thym parmi les plantes admises dans les tisanes composées pour la toux et le rhume ; version provisoire, association précise non vérifiée.[15]
  • Camomille accord de goût de Lawozé La camomille donne au tilleul un peu de relief floral sans lui voler sa douceur.
  • Verveine odorante accord de goût de Lawozé La verveine odorante ajoute au tilleul un citron frais qui l'éclaire.
  • Mélisse accord de goût de Lawozé La mélisse met sur la rondeur du tilleul une note de citron doux.