Maquette, marque fictive : rien n’est vendu. Méthode et sources
Planche botanique ancienne : Köhler's Medizinal-Pflanzen, planche 67 « Pfefferminze » : rameau fleuri et détails de la fleur.

Herbier En vente libre

Menthe poivrée

Mentha × piperita L. — Lamiacées

  • mant Antilles
  • lanmant Guadeloupe

La feuille de menthe poivrée, très aromatique : une infusion franche, mentholée, qui rafraîchit en bouche.

En vente libre

La feuille et la sommité fleurie figurent au décret n° 2008-841 (vente hors pharmacie, en l'état) et à la Liste A de la Pharmacopée française ; la plante est donc en vente libre.[1][2]

La plante

La menthe poivrée est un hybride, Mentha × piperita, dont on récolte la feuille. Le créole la dit « mant » ou « lanmant » : TRAMIL emploie ce nom pour la menthe en général, une association guadeloupéenne pour la menthe poivrée comme pour d'autres menthes. Originaires d'Europe, les menthes sont aujourd'hui bien acclimatées en zone Caraïbe.

Le rapport d'évaluation européen la qualifie de très aromatique : son huile essentielle est riche en menthol et en menthone, et le menthol procure la sensation de fraîcheur que l'on reconnaît en bouche. La Pharmacopée française l'inscrit en Liste A, feuille et sommité fleurie, et le décret de 2008 permet de la vendre hors pharmacie, en l'état ; la monographie européenne, elle, ne vise que la feuille.

Parties utilisées : feuille, sommité fleurie (Pharmacopée et décret ; la monographie européenne ne vise que la feuille).

En Guadeloupe : TRAMIL recense le nom « mant » pour la Guadeloupe, mais pour les menthes en général. World Flora Online la dit introduite dans la Caraïbe, sans citer les Petites Antilles ; 5 observations sont enregistrées en Guadeloupe.[3]

Arôme

mentholé

menthol, menthone, fraîcheur en bouche

Intensité 5 sur 5

Le rapport d'évaluation européen qualifie la plante de très aromatique ; l'huile essentielle de menthe y est donnée riche en menthol (30 à 55 %) et en menthone (14 à 32 %), et le menthol agit sur les terminaisons nerveuses de la bouche en procurant une sensation de fraîcheur. Ces éléments décrivent la plante et sa composition, non l'infusion elle-même.[4]

Effets rapportés par la tradition

  • La monographie européenne reconnaît un usage traditionnel de la tisane de feuilles pour les digestions difficiles et les flatulences.[5]
  • Pour le genre Mentha, TRAMIL rapporte l'usage caribéen de l'infusion ou de la décoction de feuilles pour l'indigestion, les gaz intestinaux et les rhumes.[6]

Ces usages sont rapportés tels que la tradition et les sources les décrivent. Ils ne sont ni des conseils ni des promesses, et ne remplacent pas l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien.

Sur la planche

Planche botanique ancienne : Köhler's Medizinal-Pflanzen, planche 67 « Pfefferminze » : rameau fleuri et détails de la fleur.

Touchez une partie pour la voir de près sur la planche.

feuille La partie que l’on utilise : feuille, sommité fleurie (Pharmacopée et décret ; la monographie européenne ne vise que la feuille).

feuille (détail) La partie que l’on utilise : feuille, sommité fleurie (Pharmacopée et décret ; la monographie européenne ne vise que la feuille).

sommité fleurie La partie que l’on utilise : feuille, sommité fleurie (Pharmacopée et décret ; la monographie européenne ne vise que la feuille).

sommité fleurie (détail) La partie que l’on utilise : feuille, sommité fleurie (Pharmacopée et décret ; la monographie européenne ne vise que la feuille).

fleur Figurée sur la planche ; ce n’est pas la partie utilisée.

Comment l’utiliser

Infusion de feuilles : verser de l'eau bouillante, couvrir, laisser reposer 5 minutes, filtrer (TRAMIL, menthes en général). TRAMIL compte 10 à 15 g de feuilles par tasse de 250 ml, la monographie européenne bien moins : 1,5 à 3 g pour 100 à 150 ml. À boire dans les 24 heures.[6][5]

Eau
100 °C
Temps
5 min
Dose
non indiquée

Valeurs tirées de la source[6][5].

Histoire et géographie

Hybride stérile de la menthe aquatique et de la menthe verte. Aire native selon World Flora Online : Caucase, Asie occidentale et centrale, Europe de l'Ukraine à la France. Introduite presque partout, Caraïbe comprise.[7]

Carte : Europe et Asie occidentale, puis Antilles françaises, puis Jamaïque. 1 Europe et Asie occidentale 2 3
  1. Europe et Asie occidentale

    Aire native de la menthe poivrée d'après World Flora Online ; c'est un hybride de deux menthes sauvages.[7]

  2. 1667

    Antilles françaises

    Du Tertre cite « la mente » parmi les plantes d'Europe qu'il a vues aux îles, sans fruits : le genre est présent, l'espèce n'est pas précisée.[8]

  3. 1707

    Jamaïque

    Sloane liste la menthe de jardin parmi les plantes européennes d'un jardin des montagnes jamaïcaines : genre ou forme ancienne, espèce non identifiée.[9]

  • « toute sorte de basilic, la mente, la sauge, l'hysope »

    Du Tertre (1667) range la menthe avec le basilic, la sauge, l'hysope, la sarriette, le thym et la marjolaine parmi les plantes d'Europe vues aux îles qui n'y font pas de fruits. Il ne nomme pas la menthe poivrée.[8]

  • « une liqueur spiritueuse qu'ils appellent Eau de Menthe »

    Descourtilz (tome 7) rapporte que les habitants des colonies distillent dans l'alcool un petit arbrisseau du genre Croton et en tirent une liqueur nommée eau de menthe. Il n'a pas de notice pour la menthe poivrée.[10]

  • TRAMIL rassemble sous Mentha sp. les menthes de la Caraïbe et donne « mant » pour la Guadeloupe, la Martinique et Saint-Martin. Une thèse de Toulouse (2025) relève que « menthe » recouvre aussi la « menthe glaciale », identifiée localement à Tanacetum vulgare.[11]

Ses noms

Retournez une carte pour découvrir d’où vient le nom.

Sources des noms[6][12][13]

Vrai ou faux ?

  1. La menthe poivrée est une espèce sauvage ancestrale, comme les autres menthes.

    Faux.

    C'est un hybride stérile de la menthe aquatique (Mentha aquatica) et de la menthe verte (Mentha spicata), d'après le texte de flore repris par World Flora Online.[7]

  2. La « menthe glaciale » citée aux Antilles est une menthe.

    Faux.

    Selon une thèse de pharmacie de Toulouse (2025), elle est identifiée localement à Tanacetum vulgare (la tanaisie), pas à une Mentha.[11]

  3. Au XIXe siècle, l'« eau de menthe » des colonies se faisait avec de la menthe.

    Faux.

    Descourtilz la décrit comme une liqueur tirée d'un petit arbrisseau du genre Croton, distillé dans l'alcool.[10]

Accords

  • Camomille associées dans une source La monographie européenne « Species digestivae » cite la menthe poivrée et la camomille parmi les plantes admises dans les tisanes composées à vocation digestive ; l'association précise n'a pas été vérifiée.[14]
  • Verveine odorante associées dans une source La même monographie cite la verveine odorante parmi les plantes admises avec la menthe poivrée ; l'association précise n'a pas été vérifiée.[14]
  • Mélisse associées dans une source La même monographie cite la mélisse parmi les plantes admises avec la menthe poivrée ; l'association précise n'a pas été vérifiée.[14]
  • Thé associées dans une source Une association guadeloupéenne (source secondaire) note qu'on peut parfumer le thé avec des feuilles de menthe ; le « thé » n'est pas défini dans le passage.[15]
  • Citronnelle associées dans une source La même association rapporte, pour une infusion destinée à l'inhalation, l'ajout d'un peu de citronnelle aux feuilles de menthe (source secondaire).[15]
  • Gingembre accord de goût de Lawozé Le gingembre réchauffe la fraîcheur de la menthe poivrée et lui donne du mordant.
  • Cacao (coques de fèves) accord de goût de Lawozé La menthe poivrée prolonge le cacao d'une fraîcheur de fin de bouche.