Maquette, marque fictive : rien n’est vendu. Méthode et sources
Planche botanique ancienne : Planche 38 de Descourtilz, « Oranger acre ou sure » (Citrus aurantium sylvestre), identification jugée probable.

Herbier En vente libre

Bigaradier

Citrus × aurantium L. — Rutacées

  • zowanj anmè Martinique

L'oranger amer : feuille, fleur et zeste, aux parfums d'agrume et de fleur d'oranger. À ne pas confondre avec l'oranger doux.

En vente libre

Plante vendable hors pharmacie : la feuille, la fleur et le péricarpe (zeste) de l'oranger amer, bigaradier, figurent au décret n° 2008-841 (article D. 4211-11 du code de la santé publique), « en l'état » ; le péricarpe aussi « en poudre ».[1][2]

La plante

Le bigaradier, ou oranger amer, est un agrume dont la feuille, la fleur et le péricarpe, le zeste, figurent à la Pharmacopée française et au décret de 2008 : ils se vendent hors pharmacie. Son nom botanique prête à confusion, l'oranger doux étant lui-même noté « = C. aurantium » dans la Liste A. Le seul nom créole antillais attesté est martiniquais : « zowanj anmè ».

Les usages documentés par TRAMIL concernent la feuille et le fruit. Pour la fleur, aucune préparation ni posologie sourcée n'a été lue : l'herbier ne lui attribue pas les usages de la feuille. Une revue de 2025 la décrit comme un aromatisant de boissons et de pâtisserie.

Lawozé lui reconnaît le parfum de la fleur d'oranger : un agrume amer et floral, plus profond en bouche que le nez ne le laisse croire. TRAMIL relève du linalol dans l'huile essentielle de la feuille, et du limonène, du linalol et de l'anthranilate de méthyle dans celle de la fleur. Une note de dégustation qui n'engage que Lawozé.

Parties utilisées : feuille, fleur, péricarpe (écorce, zeste).

En Guadeloupe : Arbre introduit et cultivé en Guadeloupe : la liste de Kew le marque introduit pour la région dont fait partie l'île, et treize occurrences guadeloupéennes sont enregistrées dans les bases botaniques.[3][4][5]

Arôme

floralagrumé

fleur d'oranger, agrume amer

Intensité 3 sur 5

Note de dégustation de Lawozé : le parfum de la fleur d'oranger, floral et amer, avec une rondeur d'agrume en bouche. TRAMIL ne donne que la chimie des huiles essentielles (linalol, limonène, anthranilate de méthyle), sans description sensorielle.[6]

Couleur de l’infusion : or pâle

Note de dégustation de Lawozé : une description subjective, pas une donnée sourcée.

Effets rapportés par la tradition

  • La tradition caribéenne rapportée par TRAMIL associe l'infusion ou la décoction de feuilles aux gaz intestinaux et au rhume.[6]
  • TRAMIL rapporte aussi l'infusion de l'écorce du fruit pour les flatulences. Cet usage concerne le fruit, ni la feuille ni la fleur.[6]
  • Usage culinaire ancien : Descourtilz note que l'orange sure relève les ragoûts et les bouillons de poisson pimentés. TRAMIL range le fruit et son jus parmi les aliments de consommation humaine relativement répandue.[7][6]

Ces usages sont rapportés tels que la tradition et les sources les décrivent. Ils ne sont ni des conseils ni des promesses, et ne remplacent pas l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien.

Sur la planche

Planche botanique ancienne : Planche 38 de Descourtilz, « Oranger acre ou sure » (Citrus aurantium sylvestre), identification jugée probable.

Touchez une partie pour la voir de près sur la planche.

péricarpe La partie que l’on utilise : feuille, fleur, péricarpe (écorce, zeste).

feuille La partie que l’on utilise : feuille, fleur, péricarpe (écorce, zeste).

fruit La partie que l’on utilise : feuille, fleur, péricarpe (écorce, zeste).

fruit (détail) Figurée sur la planche ; ce n’est pas la partie utilisée.

Comment l’utiliser

Pour les feuilles tendres, TRAMIL donne 3 à 5 feuilles (10 à 15 g) pour un demi-litre d'eau bouillante, couvert, 5 minutes d'infusion ; filtrer, boire tiède. Ne pas conserver plus de 24 heures. Pour la fleur et l'écorce, aucune préparation n'est sourcée.[6]

Eau
100 °C
Temps
5 min
Dose
3 à 5 feuilles tendres (10 à 15 g) pour un demi-litre d'eau (TRAMIL)

Couleur de l’infusion : or pâle.

Valeurs tirées de la source[6].

Histoire et géographie

Hybride cultivé d'origine asiatique. Selon la liste de Kew, aucune région n'en est native : toutes, des Petites Antilles à la Méditerranée, le disent « introduit ». C'est un hybride de pomelo et de mandarin.[6][3][9]

Carte : Asie, puis Antilles françaises. 1 Asie 2 Antilles françaises
  1. Asie

    Hybride de pomelo et de mandarin, d'origine asiatique ; les sources ne donnent pas de lieu précis. Wu et al. évoquent le sud de la Chine pour les cultivars locaux. Repère de carte approximatif.[6][9]

  2. XVIIe siècle

    Antilles françaises

    En 1667, le père Du Tertre note que toutes sortes d'orangers sont aussi communs aux îles que les citronniers, sans distinguer doux et amers. Descourtilz décrit ensuite un oranger acide devenu sauvage.[10][7][3]

  • « aussi communs que les Citroniers »

    Le père Du Tertre, dans son Histoire générale des Antilles (t. II, 1667), écrit que toutes sortes d'orangers croissent aux îles, gros comme des abricotiers, et fructifient en tout temps. Il ne dit pas s'ils sont doux ou amers.[10]

  • « Orangers sauvages à pommes d'or »

    Descourtilz décrit l'« oranger acre ou sure » (tome I), rattaché à Citrus aurantium sylvestre : fruit à écorce épaisse et rugueuse, à pulpe peu abondante et très acide. Il imagine le botaniste qui, escaladant les mornes, y découvre des orangers sauvages.[7]

  • « assaisonner leurs ragoûts »

    Dans la cuisine créole que décrit Descourtilz, l'orange sure sert de condiment : les cuisiniers l'ont toujours sous la main pour relever ragoûts et bouillons de poisson pimentés.[7]

  • « unrelated to each other »

    Le séquençage de 2014 (Wu et al.) montre que l'oranger amer est un hybride de première génération entre un pomelo pur et un mandarin pur, et que l'oranger doux, aussi hybride, ne lui est pas apparenté. Des travaux plus récents peuvent nuancer cette conclusion.[9]

Ses noms

Retournez une carte pour découvrir d’où vient le nom.

Sources des noms[6][7][11]

Vrai ou faux ?

  1. Le bigaradier est une espèce sauvage, ancêtre de toutes les oranges.

    Faux.

    Le séquençage de 2014 en fait un hybride de première génération entre un pomelo et un mandarin, apparu et diffusé par multiplication végétative.[9]

  2. « Oranger amer », « bigaradier » et « bigarade » désignent la même plante.

    Vrai.

    TAXREF, le référentiel taxonomique français, associe ces trois noms à Citrus × aurantium.[11]

  3. Au XIXe siècle, les cuisiniers antillais assaisonnaient leurs ragoûts avec l'orange sure.

    Vrai.

    Descourtilz écrit que les cuisiniers ont toujours l'orange sure sous la main pour relever ragoûts et bouillons de poisson pimentés.[7]

Accords

  • Mélisse associées dans une source Le rapport de l'EMA sur les tisanes composées traditionnelles européennes (« Species sedativae ») cite la fleur d'oranger amer parmi les ingrédients ajoutés, pour l'arôme et le goût, aux constituants principaux, dont la mélisse.[12]
  • Lavande associées dans une source Même rapport : la lavande figure parmi les constituants principaux de ces tisanes composées, auxquelles la fleur d'oranger amer est ajoutée comme correcteur d'arôme.[12]
  • Thé accord de goût de Lawozé La fleur d'oranger amer pose sur le thé un voile floral et une pointe d'amertume.
  • Vanille accord de goût de Lawozé La vanille arrondit l'amertume florale du bigaradier.

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