Herbier À connaître, pas à infuser
Bois d'Inde
Pimenta racemosa (Mill.) J.W.Moore — Myrtacées
- bwadenn Guadeloupe
- bwa denn Guadeloupe
Le bois d'Inde, arbre du « bay rum » : à connaître, pas à infuser — la Pharmacopée n'en admet que l'usage sur la peau.
À connaître, pas à infuser
À connaître, pas à infuser : la Pharmacopée française inscrit la feuille du bois d'Inde en Liste A pour un usage cutané seulement (mention d'usage externe), et TRAMIL indique de ne pas avaler les feuilles. Chez la souris, l'huile essentielle de la plante entière a provoqué des lésions digestives à dose sublétale (dose létale orale de 443 mg/kg). Aucune source consultée ne documente un usage en tisane.[1][2]
La plante
Le bois d'Inde (Pimenta racemosa) est un arbre pouvant atteindre quinze mètres, originaire du nord de l'Amérique du Sud et des Antilles selon TRAMIL, cultivé sous les tropiques. En Guadeloupe, on le nomme « bwadenn » ou « bwa denn ». Son huile essentielle est riche en eugénol, en chavicol et en myrcène.
À Grande-Terre, l'enquête ethnopharmacologique de 2023 relève le « bay rum » : un distillat de rhum aromatisé de feuilles ou de baies de bois d'Inde, ainsi que des feuilles ou des baies macérées plusieurs jours dans le rhum. L'usage reste cutané. Aucun usage en tisane n'est documenté, et l'herbier n'en invente aucun.
La Pharmacopée française l'inscrit en Liste A pour la feuille, avec la mention d'usage cutané, et TRAMIL est formel : ne pas avaler les feuilles. L'huile essentielle de la plante entière a provoqué chez la souris des lésions digestives à dose sublétale. D'où ce statut : une plante à connaître, qui n'entre dans aucune tasse.
Parties utilisées : feuille, baie.
En Guadeloupe : Indigène de la région des Petites Antilles : la liste de Kew le marque natif pour la région dont fait partie la Guadeloupe. Plus ancien spécimen guadeloupéen : 1843 ; nom « bwadenn » relevé à Grande-Terre en 2023.[3][4][5][6][7]
Arôme
Sans objet pour une infusion, puisque l'usage est externe. L'huile essentielle est riche en eugénol (environ 56 % chez le type grisea), en chavicol et en myrcène (TRAMIL).[1]
Effets rapportés par la tradition
- L'enquête ethnopharmacologique de Grande-Terre rapporte une macération de feuilles ou de baies dans le rhum, appliquée sur la peau après des piqûres d'insectes.[7]
- Selon TRAMIL, les feuilles sont une source industrielle d'huile essentielle ; elles ne doivent pas être avalées.[1]
D'autres usages externes rapportés (dents, rhumatismes) relèvent de la médecine ; TRAMIL note qu'aucune information scientifique ne valide les effets attribués aux feuilles écrasées. L'herbier ne les reprend pas.
Ces usages sont rapportés tels que la tradition et les sources les décrivent. Ils ne sont ni des conseils ni des promesses, et ne remplacent pas l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien.
Sur la planche
Touchez une partie pour la voir de près sur la planche.
feuille La partie que l’on utilise : feuille, baie.
feuille (détail) La partie que l’on utilise : feuille, baie.
baie La partie que l’on utilise : feuille, baie.
baie (détail) La partie que l’on utilise : feuille, baie.
fleur Figurée sur la planche ; ce n’est pas la partie utilisée.
Comment l’utiliser
Histoire et géographie
Indigène des Antilles et du nord de l'Amérique du Sud. La liste de Kew lui donne pour aire native Cuba, Haïti, la République dominicaine, Porto Rico, les Petites Antilles, Trinité-et-Tobago et le Venezuela.[1][3]
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« bois d'Inde, ou Laurier aromatique »
Dans son Histoire générale des Antilles (1667), le père Du Tertre décrit le bois d'Inde, ou laurier aromatique : feuilles au parfum de clou de girofle et au goût de cannelle, bois si dur et si pesant qu'il coule à fond comme le plomb.[8]
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« laurier aromatique »
Du Tertre rapporte aussi qu'en 1640 M. Robin, qui gouvernait le jardin du Roi, lui montra un petit plant rapporté des îles et nommé par lui ainsi ; Du Tertre dit avoir ensuite répandu ce nom auprès des chirurgiens et des habitants.[8]
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« des feuilles de bois d'Inde »
Labat cite le bois d'Inde en cuisine, à la Guadeloupe et à la Dominique : des cottous, petits oiseaux, s'accommodent avec des écorces d'orange, ou rôtis et saupoudrés de sel, de poivre et de graine battue. Aujourd'hui, TRAMIL déconseille d'avaler les feuilles.[9][1]
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Descourtilz applique lui aussi le nom de « bois d'Inde » à un « myrte piment », dit aussi poivre de la Jamaïque, dont il décrit les baies séchées au soleil comme une épice. Un même nom français a donc servi à deux arbres voisins.[10][11]
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En Guadeloupe, la plus ancienne trace d'herbier connue date de 1843 (L'Herminier) ; viennent ensuite des spécimens du père Duss (1892) à Vieux-Fort, Houelmont et Trois-Rivières.[5][6]
Ses noms
Vrai ou faux ?
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Le bois d'Inde de Guadeloupe est l'arbre qui donne le piment de la Jamaïque.
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Le bois d'Inde est un arbre originaire des Antilles.
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Dès 1667, le père Du Tertre décrit le « bois d'Inde », aussi nommé « laurier aromatique ».
Vrai.
Son paragraphe s'intitule « Du bois d'Inde, ou Laurier aromatique » ; il note que les feuilles sentent le clou de girofle.[8]