Maquette, marque fictive : rien n’est vendu. Méthode et sources
Planche coloriée de la Conise lobée (herbe à pique) : tige à grandes feuilles découpées et capitules jaune orangé.

Herbier Pharmacie ou patrimoine

Zèb a pik

Neurolaena lobata (L.) Cass. — Astéracées

  • zèb a pik Guadeloupe
  • zèb a pik a flè jonn Martinique
  • djéri tout Martinique
  • tabak dyab Martinique
  • lachòy Antilles

Le « zèb a pik » recouvre plusieurs plantes aux Antilles ; l'herbier l'évoque pour son identité incertaine, non pour la tasse.

Pharmacie ou patrimoine

Le zèb a pik est absent des Listes A et B de la Pharmacopée française comme de la liste du décret n° 2008-841 : il n'a en France aucun statut défini. Lawozé ne le recommande pas en tisane : ses usages documentés sont tous d'ordre médical, son nom recouvre plusieurs espèces souvent confondues entre elles (les produits du commerce peuvent les mélanger), et aucune préparation de tisane de plaisir n'est établie par les sources consultées. L'herbier le présente comme un élément du patrimoine végétal.[1][2][3]

La plante

Le « zèb a pik », ou herbe à pique, est un nom antillais qui recouvre plusieurs plantes. Celle dont il est question ici est Neurolaena lobata, une Astéracée : une enquête menée en Martinique la distingue de quatre autres espèces souvent confondues avec elle et préparées de façon voisine. Les produits du commerce, gélules ou liqueurs, peuvent mélanger ces espèces.

En Martinique, l'enquête de Tareau, Thésée et Odonne (2023) décrit des « thés » en infusion ou en décoction, souvent mêlés à d'autres plantes aromatiques ou amères, des macérations dans le rhum, des sirops et des liqueurs. Les auteurs soulignent que l'efficacité n'a pas été vérifiée par des essais pharmacologiques. La plante y est tenue pour amère.

Absente des Listes A et B de la Pharmacopée comme du décret de 2008, elle n'a en France aucun statut défini. Ses usages documentés sont tous d'ordre médical : l'herbier n'en affiche aucun et Lawozé ne la recommande pas en tisane. Elle est déconseillée pendant la grossesse et l'allaitement, ainsi qu'aux enfants de moins de 5 ans.

Parties utilisées : feuille, partie aérienne.

En Guadeloupe : Perçue comme guadeloupéenne : selon Benoît (2000), cité par Tareau et al., elle est très commune dans les jardins et même à l'état sauvage. L'inventaire TAXREF la signale en Guadeloupe, en Martinique et en Guyane.[3][4][5]

Arôme

amer

amertume

L'enquête martiniquaise décrit des « thés » amers et note qu'une espèce voisine, le zèb a pik sovaj, est moins amère et donc moins estimée.[3]

Effets rapportés par la tradition

Aucun usage n’est repris ici.

Les usages documentés (TRAMIL, enquête martiniquaise) relèvent de la médecine ; l'herbier ne les reprend pas.

Ces usages sont rapportés tels que la tradition et les sources les décrivent. Ils ne sont ni des conseils ni des promesses, et ne remplacent pas l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien.

Sur la planche

Planche coloriée de la Conise lobée (herbe à pique) : tige à grandes feuilles découpées et capitules jaune orangé.

Touchez une partie pour la voir de près sur la planche.

feuille La partie que l’on utilise : feuille, partie aérienne.

feuille (détail) La partie que l’on utilise : feuille, partie aérienne.

partie aérienne La partie que l’on utilise : feuille, partie aérienne.

capitule Figurée sur la planche ; ce n’est pas la partie utilisée.

fleur Figurée sur la planche ; ce n’est pas la partie utilisée.

Comment l’utiliser

Préparation traditionnelle rapportée. La vente de cette plante est réservée aux pharmaciens, ou son usage n’est pas documenté.

Tareau et al. rapportent qu'en Martinique l'herbe à pique peut être infusée ou décoctée et bue en « thés » créoles, souvent mêlée à d'autres plantes pour en atténuer l'amertume ; elle macère aussi dans le rhum. Aucune quantité ni durée de dégustation n'est documentée.[3]

Histoire et géographie

Amérique tropicale selon TRAMIL ; Kew la dit indigène du Mexique, de l'Amérique centrale, des Antilles et du nord de l'Amérique du Sud. Selon Tareau et al., elle semble originaire d'Amérique centrale.[6][5][3]

Carte : Amérique centrale, Antilles. 1 Amérique centrale, Antilles
  1. Amérique centrale, Antilles

    Indigène des Antilles selon Kew ; Tareau et al. évoquent une diffusion précolombienne. Son nom, lui, voyage : « zèb a pik », emprunt martiniquais au créole guadeloupéen, se retrouve à Trinidad.[5][3]

  • Linné la décrit en 1753 sous le nom Conyza lobata ; la combinaison actuelle, Neurolaena lobata (L.) Cass., date de 1825 (Pl@ntUse).[9]

  • « fers de hallebardes ou de piques anciennes »

    Descourtilz la présente sous le nom « Conize lobée », herbe à pique ou tabac du diable, surtout à la Martinique et à Haïti. Le nom vient de ses feuilles lancéolées, comparées aux fers de hallebardes ou de piques anciennes ; odeur aromatique, saveur très amère.[10]

  • « fait avec beaucoup de soin »

    Descourtilz attribue au docteur Lamaury, de la Guadeloupe, un extrait de la plante « fait avec beaucoup de soin ». Selon Tareau et al., le produit Virapic®, perçu comme guadeloupéen, reprend une recette familiale (feuilles macérées au rhum, sucre de canne).[10][3]

  • En Martinique, des herbiers du début du XIXe siècle attestent la plante : Auguste Plée (1820), puis Ludwig Hahn (1868, Fort-de-France) et Antoine Duss (1880, Ajoupa-Bouillon). Le Conservatoire botanique de la Martinique la juge indigène assez rare.[3]

  • Le nom créole existe aussi à Trinidad (relevé de Wong, 1976) : les auteurs suggèrent que des migrants de la Guadeloupe et de la Martinique, installés au XVIIIe siècle sur invitation de la Couronne espagnole, y ont reconnu ou apporté la plante.[3]

  • Plusieurs noms créoles renvoient au tabac (tabak dyab, tabak jako, tabak zonbi, tabak mawon) : les feuilles ressemblent à celles du tabac et, selon des personnes interrogées, étaient jadis fumées comme succédané.[3]

Ses noms

Retournez une carte pour découvrir d’où vient le nom.

Sources des noms[3][9][10]

Vrai ou faux ?

  1. « Zèb a pik » désigne toujours la même plante aux Antilles.

    Faux.

    Selon l'enquête de Tareau et al., le nom recouvre plusieurs espèces : Neurolaena lobata, Gymnanthemum amygdalinum, Dendrophorbium lucidum, Pluchea carolinensis, parfois Bidens pilosa.[3]

  2. L'herbe à pique doit son nom à la forme de ses feuilles, comparées à des fers de piques.

    Vrai.

    Descourtilz écrit que leur forme lancéolée évoque les fers de hallebardes ou de piques anciennes ; Tareau et al. reprennent l'explication.[10][3]

  3. Le nom « zèb a pik » est né en Martinique.

    Faux.

    Selon Tareau et al., « zeb a pik » est en Martinique un emprunt au créole guadeloupéen ; la forme martiniquaise serait zeb pik ou fèy pik.[3]