Maquette, marque fictive : rien n’est vendu. Méthode et sources
Planche coloriée du Zapane de la Jamaïque (verveine bleue) : tige à grandes feuilles dentées, épi fleuri et détails de la fleur.

Herbier Pharmacie ou patrimoine

Vèvenn

Stachytarpheta jamaicensis (L.) Vahl — Verbénacées

  • vèvenn karayib Guadeloupe
  • vèvenn, vèvenn ke rat Haïti
  • véven blan (verveine blanche) Martinique

La « vèvenn » antillaise n'est pas la verveine d'Europe : une Verbénacée très peu documentée, inscrite à la Pharmacopée.

Pharmacie ou patrimoine

La vèvenn est inscrite à la Liste A des plantes médicinales de la Pharmacopée française (feuille) sous le nom de « verveine queue de rat », mais elle ne figure pas dans la liste du décret n° 2008-841 qui autorise la vente de certaines plantes hors pharmacie : sa vente comme plante est donc réservée aux pharmaciens. Elle est très peu documentée (aucune préparation sourcée, aucune monographie européenne) : l'herbier la présente comme un élément du patrimoine végétal.[1][2]

La plante

La vèvenn (Stachytarpheta jamaicensis) est une Verbénacée que la Pharmacopée française inscrit sous le nom de « verveine queue de rat » ; la liste des plantes d'outre-mer lui donne, en Guadeloupe, celui de « vèvenn karayib ». TRAMIL la nomme « véven blan », ou verveine blanche, en Martinique.

La documentation est faible, et l'herbier le dit. La page TRAMIL ne contient que des noms, sans usage ni précaution spécifique ; il n'existe pas de monographie européenne ; deux études de toxicité sur le rat donnent des résultats divergents. Aucune description du goût n'a été trouvée.

Faute de préparation sourcée, la plante est présentée pour son nom et sa place dans la Pharmacopée, non pour la tasse. Inscrite à la Liste A (feuille) et absente de la liste de 2008, elle est réservée aux pharmaciens. Une revue de 2016 la juge « non recommandée » à certaines personnes, ce que détaillent les précautions.

Parties utilisées : feuille.

En Guadeloupe : Signalée en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane et à La Réunion par l'inventaire TAXREF de l'outre-mer ; la Pharmacopée l'inscrit au titre de la Guadeloupe ; Descourtilz la dit répandue « dans toutes les Antilles ».[3][4][5][6]

Arôme

Aucune description sensorielle n'a été trouvée dans les sources consultées.

Effets rapportés par la tradition

  • La liste des plantes d'outre-mer de la Pharmacopée mentionne, pour la Guadeloupe, la feuille de « verveine queue de rat / vèvenn karayib » pour la fatigue, le rhume et la nervosité.[4]

Des usages liés à la grossesse et au cycle sont rapportés ailleurs dans le monde ; la revue qui les cite précise qu'ils ne s'appuient sur aucune donnée. L'herbier ne les reprend pas.

Ces usages sont rapportés tels que la tradition et les sources les décrivent. Ils ne sont ni des conseils ni des promesses, et ne remplacent pas l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien.

Sur la planche

Planche coloriée du Zapane de la Jamaïque (verveine bleue) : tige à grandes feuilles dentées, épi fleuri et détails de la fleur.

Touchez une partie pour la voir de près sur la planche.

feuille La partie que l’on utilise : feuille.

feuille (détail) La partie que l’on utilise : feuille.

épi floral Figurée sur la planche ; ce n’est pas la partie utilisée.

fleur Figurée sur la planche ; ce n’est pas la partie utilisée.

tige Figurée sur la planche ; ce n’est pas la partie utilisée.

Comment l’utiliser

Préparation traditionnelle rapportée. La vente de cette plante est réservée aux pharmaciens, ou son usage n’est pas documenté.

Aucune préparation antillaise de la vèvenn karayib n'a été trouvée : la liste des plantes d'outre-mer de la Pharmacopée ne donne que le nom, la partie utilisée (la feuille) et un usage, sans mode de préparation.[4]

Histoire et géographie

Amérique tropicale : Kew la dit indigène de la Floride, du Mexique, de l'Amérique centrale, des Antilles et du nord de l'Amérique du Sud, et introduite dans une cinquantaine de régions d'Afrique, d'Asie et d'Océanie.[6][9]

Carte : Amérique tropicale. 1 Amérique tropicale
  1. Amérique tropicale

    Plante indigène des Antilles selon Kew ; ce sont ses noms qui voyagent : « vèvenn karayib » en Guadeloupe et en Haïti, « véven blan » en Martinique, « verveine queue de rat » à la Pharmacopée.[6][4][8]

  • Linné la décrit en 1753 sous le nom Verbena jamaicensis ; la combinaison actuelle, Stachytarpheta jamaicensis (L.) Vahl, date de 1804, d'après Kew.[10][9]

  • « dans toutes les Antilles »

    Descourtilz la présente (1821-1829) sous le nom de « Zapane de la Jamaïque », ou verveine bleue : elle croît, écrit-il, à la Jamaïque et au sud de l'Amérique, « dans toutes les Antilles ». Il note deux variétés, blanche et rouge, d'après Poupée-Desportes.[5][9]

  • Dans le même article, Descourtilz évoque les usages rituels de la verveine d'Europe chez les Grecs, les prêtres et les druides : ce passage porte sur la verveine européenne, non sur la plante antillaise, et dit la confusion autour du mot « verveine ».[5]

  • La Pharmacopée française l'inscrit à la Liste A (feuille) sous le nom « verveine queue de rat », entrée distincte de la verveine officinale ; la liste des plantes d'outre-mer de B. Weniger (2020) la rattache à la Guadeloupe sous le nom « vèvenn karayib ».[1][4]

  • Védrine (2003) range « vèvenn, vèvenn karayib, vèvenn ke rat » parmi les noms créoles haïtiens de Stachytarpheta jamaicensis, et donne une autre « vèvenn » haïtienne (« vèvenn krèt kòk ») à Heliotropium indicum : le mot recouvre plusieurs plantes.[11]

Ses noms

Retournez une carte pour découvrir d’où vient le nom.

Sources des noms[1][4][5][8][9][11][12]

Vrai ou faux ?

  1. La vèvenn karayib est la même plante que la verveine officinale.

    Faux.

    La Liste A de la Pharmacopée donne deux entrées : la verveine officinale (Verbena officinalis, partie aérienne) et la verveine queue de rat (Stachytarpheta jamaicensis, feuille).[1]

  2. Au XIXe siècle, Descourtilz appelait la vèvenn la « zapane de la Jamaïque ».

    Vrai.

    Son article du tome VI porte ce titre pour Zapania jamaicensis, synonyme de Stachytarpheta jamaicensis ; Pl@ntUse rattache la même planche à l'espèce.[5][9]

  3. La vèvenn karayib est arrivée d'Asie avec les épices.

    Faux.

    Elle est indigène d'Amérique tropicale, Antilles comprises ; ce sont des régions d'Afrique, d'Asie et d'Océanie qui l'ont reçue comme plante introduite (Kew).[6]