Herbier À connaître, pas à infuser
Arada
Petiveria alliacea L. — Pétivériacées (Phytolaccacées dans TRAMIL et la Pharmacopée, ancienne circonscription)
- arada Martinique
- douvan nèg Antilles
L'arada, plante du savoir créole à l'odeur d'ail : une fiche pour la connaître, jamais pour l'infuser.
À connaître, pas à infuser
Inscrite à la Liste A de la Pharmacopée (racine, feuille fraîche) mais absente du décret n° 2008-841, la plante n'est pas librement vendable. TRAMIL la déconseille pendant la grossesse (risque de fausse couche), l'allaitement et avant 8 ans, signale une interaction avec l'insuline et les hypoglycémiants oraux, et note que racines et tiges peuvent provoquer des réactions de la peau. Aucun usage de plaisir en tisane n'est documenté.[1][2][3]
La plante
L'arada, nommée aussi « douvan nèg » selon une source secondaire, est Petiveria alliacea, une plante du savoir créole des Antilles. Elle figure à l'herbier pour être connue, non pour être servie. Un guide martiniquais lui prête une forte odeur soufrée, proche de celle de l'ail, et aucune source consultée ne documente d'usage de plaisir en infusion.
La raison décisive est ailleurs. TRAMIL la déconseille pendant la grossesse, l'allaitement et avant huit ans, signale une interaction avec l'insuline et les hypoglycémiants oraux, et relève que racines et tiges peuvent sensibiliser la peau. La Pharmacopée française l'inscrit en Liste A ; absente du décret de 2008, elle n'est pas prévue à la vente libre comme plante.
Parties utilisées : feuille, racine.
En Guadeloupe : Présente en Guadeloupe : un spécimen d'herbier de 1892 (père Duss) la dit abondante dans la basse région, à Basse-Terre et au Moule. La liste de Kew la tient pour indigène dans la région dont fait partie l'île.[5][6][7][8]
Arôme
odeur soufrée, alliacée
Intensité 5 sur 5
Un guide martiniquais (source secondaire) décrit une forte odeur soufrée. L'herbier ne donne aucune note de dégustation : le goût et la couleur d'une infusion ne sont décrits par aucune source consultée.[9]
Effets rapportés par la tradition
- La tradition antillaise rapportée par TRAMIL associe la décoction de feuilles aux digestions lentes ou difficiles.[1]
- TRAMIL rapporte aussi l'usage de la racine, en décoction ou en infusion, pour les gaz intestinaux et les rhumes.[1]
- Descourtilz, d'après l'Encyclopédie, rapporte un usage non médical : les racines servaient à écarter les insectes des habits et des étoffes de laine, tant leur odeur est pénétrante. TRAMIL signale que racines et tiges peuvent provoquer des réactions de la peau : à ne pas reproduire.[10]
Les autres usages documentés relèvent de la médecine ; l'herbier ne les reprend pas.
Ces usages sont rapportés tels que la tradition et les sources les décrivent. Ils ne sont ni des conseils ni des promesses, et ne remplacent pas l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien.
Sur la planche
Touchez une partie pour la voir de près sur la planche.
feuille La partie que l’on utilise : feuille, racine.
feuille (détail) La partie que l’on utilise : feuille, racine.
feuille (détail 2) La partie que l’on utilise : feuille, racine.
inflorescence Figurée sur la planche ; ce n’est pas la partie utilisée.
fleur Figurée sur la planche ; ce n’est pas la partie utilisée.
Comment l’utiliser
Ne pas infuser.
À connaître, pas à infuser : TRAMIL déconseille l'arada pendant la grossesse, l'allaitement et avant 8 ans, et relève que racines et tiges peuvent provoquer des réactions de la peau. Aucun usage de plaisir ni usage alimentaire n'est documenté.[1]
Histoire et géographie
Indigène des régions chaudes des Amériques. D'après la liste mondiale des plantes vasculaires de Kew, elle est native des Petites Antilles, du Mexique, d'Amérique centrale et du Sud, de Floride et du Texas.[1][7]
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« Verveine puante. — Herbe aux poules de Guinée »
Descourtilz la décrit dans sa Flore pittoresque et médicale des Antilles sous le nom de « Pétivère alliacée », dite aussi verveine puante ou herbe aux poules de Guinée. Il la range parmi les Arroches, non parmi les verveines.[10]
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« fort commune à la Jamaïque, à la Barbade »
Descourtilz, qui cite l'Encyclopédie, la dit très commune à la Jamaïque, à la Barbade et dans la plupart des îles d'Amérique, à l'ombre des bois comme dans les prairies, et résistante à la sécheresse.[10]
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« à odeur d'ail »
Les sources anciennes retiennent d'abord son odeur : Descourtilz note des fleurs à odeur d'ail, et la phrase latine de Sloane qu'il recopie la dit déjà « allii odore ».[10]
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En 2003, l'enquête d'Emmanuel Nossin au Grand Marché de Fort-de-France relève « arada » parmi les plantes des marchandes martiniquaises. Dans cette même enquête, « danday » désigne une Cypéracée, Eleocharis interstincta.[12]
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« Abondant dans la basse région. Basse-Terre, Moule, etc. »
En Guadeloupe, un spécimen d'herbier du père Antoine Duss, récolté en 1892 et conservé à New York, porte une mention de localité.[5]
Ses noms
Vrai ou faux ?
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Le surnom d'« herbe aux poules de Guinée » prouve que l'arada vient d'Afrique.
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L'arada dégage une odeur d'ail.
Vrai.
Descourtilz décrit des fleurs « à odeur d'ail », et la phrase latine de Sloane qu'il recopie disait déjà « allii odore ».[10]
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En Martinique, « danday » est un autre nom de l'arada.
Faux.
Dans l'enquête de 2003 au Grand Marché de Fort-de-France, « arada » désigne Petiveria alliacea et « danday » une Cypéracée, Eleocharis interstincta.[12]